22 mai 2008
Première frontière sud-américaine passée !!!
A nous le Pérouuuu !!! Nous sommes bien arrivés et après une nuit à Piura, nous voici à Chiclayo pour quelques jours.
Plus de détails d'ici peu !...
24 mai 2008
Chiclayo et environs
A peine après avoir quitté Piura, le désert reprend ses droits et nous accompagne durant tout le trajet -très inhabituellement plat et en ligne droite, ça change de la route de montagne !), jusqu'aux portes de Chiclayo. Sur la route, quelques champs, des fabriques de chaux et des briquetteries ponctuent les rares espaces où la présence humaine est là. L'environnement hostile laisse ensuite place aux prémices de Chiclayo, 2ème étape de notre périple péruvien.
Sortis du bus, c'est la chaleur qui nous prend par surprise... cela fait longtemps que nous n'avions plus eu "chaud"... l'Équateur nous avait procuré du beau temps (entre deux averses !!!) mais pas tellement de chaleur, et même des nuits fraîches (à Salinas). C'est donc en sueur que nous arrivons dans notre hôtel, chargés comme des mules (et oui, le colis est encore avec nous !)
Nous passons ensuite à Serpost, la poste péruvienne, qui s'avère malheureusement encore plus chère que celle d'Équateur... bon, ben le colis attendra... la Bolivie !!! Ils vont en voir du pays les chapeaux de Cuenca !!!
Passage par la Plaza de Armas, très récente (1919) avec sa cathédrale ocre, puis direction le Marché Modelo, un des plus grands du nord du Pérou. Ce n'est pas un marché "touristique" mais un endroit où l'on trouve de tout : des chaussures aux vêtements, de la viande au poisson, fruits et légumes, et un espace réservé aux produits pour les consultations chamaniques, pratiques très courantes dans la région. Notre présence ici aussi à l'air de surprendre. Les regards sont appuyés, on nous lance même des "gringos" et une dame nous lance agressivement, et le visage sevère : "De que pais ?" (de quel pays ?) heu... ben de France madame ! Même un chien nous fixe avec son regard canin, d'un bout à l'autre d'une allée... Nous ne nous attardons pas trop dans cet endroit grouillant de monde et reprenons le chemin du centre. Arrivés à l'hôtel, nous racontons notre visite du marché à la jeune femme de la réception qui rit avec nous de cette situation vécue... Le nord est effectivement moins touristique que le sud, nous n'avons d'ailleurs croisé qu'un ou deux touristes en nous baladant, chose plus rare dans le sud, beaucoup plus fréquenté (mais pas partout non plus).
Aujourd'hui vendredi, nous partons vers Llambayeque, à 11km de Chiclayo, pour visiter le très récent "Museo de las tumbas reales del senor de Sipan", bâtiment moderne en forme de pyramide, couleur ocre rouge, telles qu'elles étaient construites il y a 1700 ans dans la région. Le musée, à la scénographie quasi-impeccable, nous montre telles que les archéologues les ont découvertes, les nombreuses pièces de valeur composant ces tombes, situées dans une gigantesque pyramide funéraire constituée de millions de briques d'adobe (terre). Bijoux d'or et d'argent, pectoraux de perles, septres précieux, poteries d'offrandes et autres trésors ont été patiemment remis à la lumière du jour par les chercheurs et soigneusement restaurés.
Nous allons ensuite admirer la Casa Logia, avec le plus grand balcon d'Amérique du Sud, environ 65 mètres de long sur 2 façades en angle.
Samedi matin, visite éclair de Pimentel et Santa Rosa, villages côtiers aux allures de "fin du monde" ... paysage désertique, habitations mornes, plage sale et des milliers de détritus éparpillés partout dans le désert environnant... franchement pas glorieux.
Ce soir bus de nuit vers Chachapoyas avec la compagnie Movil Tours, environ 10h de route, départ 19h30.
25 mai 2008
Re-spécial fête des mères... française !!!
Après la fête des mères équatorienne, le temps est venu de souhaiter à nos mamans une bonne fête des mères française !!!
Plein de bisous à nos mamans à qui nous pensons tendrement...
27 mai 2008
Bon anniversaire Papou !!!
UN EXCELLENT ANNIVERSAIRE A MON PAPOUNET...
Gros bisous de ta grande fille voyageuse et de Jean-Pascal !
petite vidéo à venir...
Chachapoyas et la forteresse de Kuelap
Apres un trajet de nuit plutot agreable, nous arrivons a Chachapoyas -Chacha pour les intimes !- vers 5h du matin. Notre premiere journee se resume a finir notre nuit avec quelques heures de sommeil en + que nous rattrappons sans tarder dans notre chambre, puis a collecter diverses informations pour les visites des sites aux alentours de Chacha, qui occuperont nos prochaines journées ici.
Notre deuxieme journée commence a 3h30 du matin... dur dur ! A 4h nous sommes dans l´auto-taxi qui nous amene au pied de la forteresse de Kuelap, perchée en haut d´une montagne a 3100m d´altitude. Il est 6h passées, la billeterie n´ouvre qu´a 8h et l´auto-taxi de 4h etait le seul moyen de se rendre sur place... Bon, nous avons le temps de finir notre petit déj´ tout en essayant de voir ce qui se passe sous les épais voiles de brouillard qui enveloppent les lieux d´une ambiance mystique... Chevaux et lamas font partie de ce paysage ou les murs de la forteresse sortent de la verdure environnante.
Apres 1h30 de patience, le gardien arrive sur les lieux et nous ouvre les portes de Kuelap avant l´heure ! Tres bien ! Nous sommes donc les 2 seuls touristes a penetrer dans ce que fut la cité de Kuelap au temps des Chachapoyas, peuple des nuages. Les concernant d´ailleurs (les nuages, le brouillard) l´épaisse couverture brumeuse a laisse place au somptueux panorama qui entoure Kuelap : "forets de nuages" et paturages aux verts varies colorent les montagnes alentours.
"Construite entre 900 et 1100 et redécouverte en 1843, Kuelap se compose de milliers de cubes de pierres (on raconte qu´il en a fallu plus que pour construire la grande pyramide d´Egypte !) formant une enceinte ovale d´environ 700m de long entourée de murs de 6 a 12m de haut. Seulement 3 petite "portes" en forme d´entonnoir permettent d´accéder a la ville fortifiee, obligeant les ennemis a entrer en files indiennes facilement mises en déroute. A l´intérieur, 3 niveaux regroupent plus de 400 habitations circulaires pour la plupart, dont certaines sont décorées de frises de pierre en relief. A son apogée la cité comprenait 3500 personnes environ.
Les Chachapoyas controlaient les vastes étendues de terre qui entouraient l´actuelle ville deChachapoyas entre 800 et 1470 environ, date a laquelle ils furent envahis par les Incas. Ils étaient apparemment de grands guerriers, de puisssants chamans et de prolifiques batisseurs et auraient fondé l´une des civilisations les plus développées des jungles tropicales du Pérou.
Les Chachapoyas commercaient avec d´autres régions du pays. Toutefois, isolés dans leur domaine de foret tropicale, ils évoluerent indépendamment des civilisations voisines.
Défenseurs de l´environnement avant l´heure, les Chachapoyas construisaient des édifices en parfaite harmonie avec leur milieu, tirant le meilleur parti des avantages esthétiques et pratiques offerts par la nature. Ils vénéraient comme des dieux certains animaux présents sur leur territoire : serpent,m condor, puma...
Les constructions circulaires, uniques en leur genre, étaient agrémentées de frises tortueuses comportant losanges et zigzags. Les édifices étaient recouverts de grands toits de chaume en pente raide, afin de faciliter l´écoulement des pluies, tres fréquentes dans la région." Infos LonelyPlanet.
Apres plus de 2h a arpenter les différentes zones de la forteresse, et admirer les beaux restes de constructions entourées de verdure encore sauvage, nous ressortons pour aller manger un almuerzo, gentiment proposé par José, le gardien des lieux. Nous allons donc a la rencontre de dame Dina, la cuisiniere, qui installe sa cuisine en plein air rien que pour nous ! Une bonne heure et demi plus tard et une assiette de riz+frites+oeuf dans le ventre, nous attaquons la longue descente vers le village de Tingo, d´ou nous repartirons a Chachapoyas.
La descente traverse un paysage de montagne ou peu d´habitations sont présentes. Seules quelques maisons de terre (comme partout dans la région) ponctuent notre chemin. Apres plus de 2h de descente, nous arrivons a Tingo avec les premieres gouttes de pluies annoncant la grosse averse qui va suivre... ouf, juste le temps de sauter dans un taxi que la pluie se déchaine !!!
Nous avons vraiment bien aime Kuelap, et la visite quasi-seuls sur les lieux, encore entourés d´une nature envahissante, a rendu ce moment tres agreable... Aller a Kuelap par soit meme se merite, car en basse saison comme maintenant il n´y a qu´un départ de Chachapoyas a 4h du matin... et pas de retour depuis la forteresse ! La marche vers Tingo était la seule solution pour revenir dans la meme journée, mais en meme temps aussi l´occasion d´une sympatique balade ! Allez jeter un oeil aux photos !!!
Pour notre dernier jour, nous nous rendons a Huancas, petit village a 10km de Chacha, ou nous avons pu observer le tres beau cañon de Huaca Urco depuis le mirador prévu a cet effet. Nous rencontrons ensuite Sulano, qui nous ouvre les protes de sa boutique d´artisanat. Il nous faudra faire le tour de tout le village pour trouver la monnaie qu´il nous doit sur le petit sac que j´ai achete...
Alors qu´aucun taxi ne se décide a passer, nous suivons l´invitation de Sulano a rentrer a pied sur Chacha. Sympathique promenade -presque en courant !- dans la montagne, a discuter de la ou nous venons, du Pérou et des cultures agricoles, et aussi d´argent, comme bien souvent. La pluie nous tombe dessus avant l´arrivée et c´est trempés comme des soupes que nous arrivons a notre hotel, ou nous aurons droit a un repassage-séchage de nos pantalons mouillés...
A 19h, bus de nuit pour Trujillo... 13h de route environ...
31 mai 2008
Trujillo et alentours
Nous arrivons a Trujillo apres 13h de bus... long voyage ! La recherche d´un hotel s´est faite plus longue que prévue, mais nous trouvons tout de meme une micro-chambre pour les jours qui viennent. En général, apres nos trajets de nuit en bus, la journée qui suit n´est pas tres "productive"... nous nous promenons de-ci de-la a la recherche d´infos pour les visites a venir. Nous découvrons un nouveau petit métier de rue : apres les cireurs de chaussures et les personnes vous proposant la pesée, voici les cabines téléphoniques mobiles !!! Il s´agit en fait d´une personne ayant 2, 3 (voire plus !) télephones portables, un chrono, et qui vous propose d´appeler ou vous voulez, toujours a des prix intéressants... bien sur !!! Ils crient "llamadas, llamadas nacionales, internacionales"... on ne peut pas les rater !!!
Déja la Plaza de Armas dévoile ses belles facades colorées, ainsi que dans les rues alentours. C´est un régal pour les yeux ! (voir les photos !) Nous nous dégotons un petit resto-sandwicherie ou nous dégustons de délicieuses empanadas aux épinards... hum des légumes !!! Ca sera notre QG pour les jours a venir !!! Notre repas du soir au meme endroit nous fera rencontrer Stéphanie et Julien, deux francais qui terminent leurs 5 semaines de voyage au Pérou et en Bolivie... cela nous rappelle notre premier voyage il y a 3 ans et demi... Nous passons un tres bon moment tous ensemble autour de bieres qu´il nous aura été difficile de trouver !!! Pas les bieres, mais un endroit ou nous pouvions nous asseoir pour les boire... bizarre n´est-ce pas !!!
Notre deuxieme journée commence apres une grasse mat´... direction le Musée Cassinelli, un petit musée privé situé au sous-sol d´une station service, ou sont exposées plus de 5000 pieces de céramiques achetées aux "Huaqueros" (pilleurs de tombes) par Mr Cassinelli lui-meme, durant toute sa vie. Nous sommes étonnés de la qualité incroyable de ces céramiques, pas un éclat, aspect brillant... et certaines ont plus de 3000 ans... Nous nous posons la question quant a la "légalité" d´un endroit comme celui-la : pourquoi ces pieces ne sont-elles pas dans un musée public ??? Sont-elles réellement d´origine ?? Mystere...
Troisieme jour. Matinée au Musée d´archéologie qui retrace l´histoire du peuplement du Pérou et des différentes civilisations qui y ont vécu. Nous partons dans l´apres-midi visiter la citadelle de Chanchan, la plus grande cité en adobe du monde.
"Construite vers 1300 et couvrant plus de 28km carré, elle abritait a son apogée environ 60 000 personnes. quantité d´or, d´argent, et de poteries. Si la conquete Inca n´entama pas cette prospérité, le pillage commenca avec l´arrivée des Espagnols et, en quelques décennies, il ne restait quasiment rien des trésors de Chanchan. Surement imposante autrefois, Chanchan a été dévastée par les innondations causées par les phénomenes climatiques, dont le terrible "el Niño" qui ont errodés ses murs d´adobe." Infos LonelyPlanet.
La surface nous frappe, surtout qu´une toute petite partie -partiellement restaurée- est ouverte au public. Autour, des dizaines d´hectares restent a explorer, et a proteger... de la pluie, mais aussi des pilleurs (meme s´il ne doit plus rester grand chose aujourd´hui).
Quelques murs nous laissent voir des belles fresques en relief, mais on a du mal a s´imaginer la vie que cette civilisation pouvait bien mener dans ses murs. Les environs de la citadelle, aujourd´hui désertiques et hostiles, étaient autrefois cultivés avec un ingénieux systeme d´irrigation, permettant a tous les habitants de manger a leur faim. Notre visite des lieux se complete par le Musée de Site de Chanchan, expliquant un peu plus la vie de la citadelle en son temps.
Notre quatrieme jour nous permet de visiter Huaca de la Luna, a quelques km aussi de Trujillo. Construite 7 siecles avant Chanchan, avec la Huaca del Sol, la Huaca de la Luna est criblée de salles renfermant des céramiques, des métaux précieux et des magnifiques fresques plychromes qui ont fait la réputation du peuple Mochicas. La construction du temple se prolongea pendant 6 siecles. Le temple est en fait un ensemble de plusieurs temples, qui étaient construit les uns sur les autres, comme un pyramide inversée : le temple plus récent recouvrant plus largement le temple ancien en dessous, et ainsi de suite.
Alors que la Huaca del Sol ne bénéficie pas des fonds nécessaires pour des recherches et la protection du site qui est laissé tel quel, au bon vouloir des vents et de la pluie, la Huaca de la Luna est protégé de toits de toles recouverts de totora -le roseau local servant aussi a construire des embarcations marines. De nombreux archéologues poursuivent actuellement les fouilles qui sont loin d´etre terminées. Nous effectuons la visite avec un petit groupe et un guide rencontré sur place. La conservation des fresques en terre et peintures naturelles (pigments provenant de minéraux) est incroyable, et le travail des archéologue est seulement un travail de conservation, et non pas de restauration. Nous apprécions donc telles quelles les fresques découvertes par les archéologues... De superbes motifs en relief, relevés de jaune, bleu, blanc, rouge et noir décorent les murs des différents temples construits ici. Le site se situe au pied du "mont blanc" -cerro blanco-, lieux sacré, qui pourrait renfermer des trésors innatendus...
Tres beau site, qui promet de nouvelles découvertes dans les années a venir puisque le travail des archéologues continue !
Ce soir, bus de nuit pour Huaraz avec la compagnie Linea, départ 21h15 pour environ 9h de route...
10 juin 2008
Trek du Tour de l´Alpamayo du 3 au 10 juin 2008 +quelques vidéos !!!
Après Chachapoyas et la forteresse de Kuelap (3100 m.) à nous les hauteurs de la Cordillère Blanche !
Nous avons décidé de partir faire le très beau trek autour de l’Alpamayo, mêlant hauts cols, vastes vallées verdoyantes et glaciers géants...
Pour ce trek, nous partons en autonomie, c’est à dire seuls, sans agence, sans burros (ânes) pour nous porter le matériel dont nous avons besoin... Et il en faut des choses lorsqu’on part comme ça !
Huit jours de Trek, c’est...
|
Objets |
Poids (Grammes) |
|
2 Sacs à dos 55 litres + 10 |
4000 |
|
2 Sacs de couchage |
2400 |
|
Tente 2 personnes |
5000 |
|
2 Tapis de sol |
700 |
|
Fringues |
4000 |
|
Sandales après marche |
700 |
|
Bazar (frontales, carte, etc) |
1000 |
|
Cuisinière + combustible + vaisselle |
2500 |
|
2 Gourdes |
500 |
|
Soupe en sachets |
480 |
|
5 Boîtes de thon |
850 |
|
2 Pains de mie |
1220 |
|
3 Sachets sauce tomate |
480 |
|
Sachets de nouilles rapides |
595 |
|
Nouilles |
400 |
|
Riz |
1000 |
|
Tomates |
1000 |
|
Saucisson en tranches |
150 |
|
Fromage en tranches |
400 |
|
Sel |
125 |
|
Barres de céréales |
252 |
|
Abricots secs |
200 |
|
Bonbons |
288 |
|
Sucre |
250 |
|
Thé |
38 |
|
Avoine au quinoa |
400 |
|
Craquers |
224 |
|
2 Pots de confiture |
600 |
|
Mini trousse de toilette + trousse de secours |
500 |
|
TOTAL pour 2 personnes |
30 252 |
Les petits escargots que nous sommes ont maintenant leur maison sur le dos, et partent pour 8 à 9 jours de trek (nourriture prévue pour 9 jours).
1er jour (6 heures de marche, +1070 m. -21 m. de dénivelé)
Départ de Huaraz en combi vers 5h du matin. Arrivée à Caraz où nous attendons plus d’une heure que le taxi collectif se remplisse pour partir à Cashapampa. De Cashapampa, re-taxi collectif pour Huancarhuaz où notre trek commence, il est 9h45 et le soleil tape déjà fort. Il nous faut rejoindre Hualcayan, “à 50 minutes de marche”, selon le monsieur responsable du bureau du Parc National du Huascaran... Bref, 2h35 plus tard après une interminable montée (qui ne fait que commencer !) nous arrivons au fameux village de Hualcayan, affamés. Premier pique-nique de la semaine dans l’épicerie du village (du hameau même devrais-je dire) et nous nous lançons dans la très longue montée vers le premier campement, Wishcash 3900 m.
Fatigués de cette première longue journée de marche avec nos gros sacs, et ne voyant toujours pas le campement approcher, nous décidons de planter la tente sur le chemin... Seul endroit à peu près plat pour recevoir notre tente...
2eme jour (5h44 de marche, +928 m. -130
m. de dénivelé)
Nous nous levons tôt, courbaturés de notre première journée de marche-portage et de notre nuit “glissante” dans la tente... Il va falloir que nos corps se fassent au portage du lourd chargement et aux nuits glacées en altitude...
Nous nous mettons en route après notre petit déjeuner composé de thé, craquers + confiture et de “porridge” au quinoa saveur cannelle et clou de girofle... Hum !
Cette deuxième journée est un peu moins dure que celle de la veille, nous trouvons peu à peu notre rythme avec nos sacs qui pèsent sévèrement sur nos épaules. Nous passons la lagune Yanacocha et bientôt devant nous, complètement isolée, une construction où se trouve un homme-gardien-météorologue. Il est là 10 jours, puis un collègue prend sa place, etc... Peu après, nous posons notre campement au-dessus de la belle petite Lagune Cullicocha (4650 m.) Le terrain est plat comme une crêpe, ça va nous changer de notre première nuit en pente ! Nous nous installons sur cet emplacement paradisiaque tout en profitant du soleil de fin de journée...
Spécial Anniversaire de Papounet, la vidéo !!! (enfin !)
Un suisse dont la femme ne se sent pas très en forme (gros mal de tête) vient nous taper la discute, nous ne sommes pas les seuls marcheurs en solo dans le coin ! Plus tard, en contrebas, nous verrons une autre tente se monter au bord de l’eau.
Dîner soupe à la tomate + nouilles, perchés sur un rocher face à la lagune...
3eme jour (8h18 de marche, +794 m. -1199
m. de dénivelé)
Le froid ne nous a pas laissé dormir en continu malgré plusieurs couches de vêtements et nos duvets bien chauds... Nous trouvons un environnement tout blanc, complètement gelé à la sortie de la tente, il a du faire quelque chose comme -10˚C cette nuit, brrr !
Au bout d’une heure de marche, nous atteignons notre premier col, la plus haute altitude de tout notre trek : le Col d’Osoruri, 4860 m. Ça redescend puis ça remonte vers le deuxième col de la journée, le Col de Vientunan, ou col de Los Cedros, à 4770 m. d’altitude.
La descente ensuite vers la vallée de l’Alpamayo est interminable, et nos jambes flageolent sous les amortis trop souvent répétés, amplifiés avec le poids du sac...
Enfin, la Quebrada Alpamayo défile sous nos jambes fatiguées, et nous profitons du soleil pour faire sécher les toiles de tente et déguster notre pique-nique rapidement.
La vallée n’en fini pas et s’étire en longueur au fur et à mesure que nous avançons... Heureusement, quelques km avant le campement, notre première vue sur le sommet de l’Alpamayo (5947 m.) et sa forme pyramidale surprenante nous donne du courage pour atteindre le campement de la Lagune de Jancarurish, 4220 m.
Nous faisons ici la connaissance d’Erasmo, “arriero” (personne qui s’occupe des mules) d’Abel, guide et de Chaï, leur client israélien, qui eux aussi font le trek du tour de l’Alpamayo. Nous plantons la tente avec ce soir des voisins tout près, ça fait bizarre ! Petite balade à la lagune et ses eaux bleu turquoise pour Jean-Pascal tandis que je monte le camp...
L’Alpamayo est l’objet de toutes les photos, avec la lumière qui baisse il change d’aspect, le relief se marque et les ombres se creusent... On ne se lasse pas de l’observer !
4eme jour (7h22 de marche, +878 m. -1046 m. de dénivelé)
Le froid a encore frappé... Nous avons dormi par intermittence. Petit déj’ et pliage du camp, et en avant pour le Col de Caracara : 600 m. de dénivelé positif au saut du lit, ça réveille ! Heureusement la vue récompense nos efforts matinaux : sur fond de ciel bleu, l’Alpamayo enneigé apparaît au-dessus de la Lagune bleu-vert de Jancarurish, splendide spectacle de couleurs juste sous nos yeux... D’autres sommets se disputent la place de la plus belle montagne, nous en prenons plein les yeux !
Les derniers mètres du col sont difficiles, des bourrasques de vent violents nous font presque nous envoler malgré le poids de nos sacs. Et c’est en équilibre contre le vent que nous gravissons les derniers pas qui nous mènent au Col de Caracara, 4830 m.
La descente est plus tranquille, et après notre pause midi, nous attaquons le deuxième col de la journée : le Col de Mesapata, 4460 m.
Redescente et trèèès longue marche dans la Quebrada Tayapampa pour atteindre le campement de Huilca, à 4050 m. D’altitude, où se trouvent quelques habitations quechua. Nous sommes toujours en compagnie d’Erasmo, Abel et Chaï, nos voisins de trek.
5eme jour (7h14 de marche, +652 m. -1072 m. de dénivelé)
La couverture de survie étalée hier soir sous nos tapis de sol nous aura évité l’humidité du sol et donc aussi un peu de froid... Il était temps que l’on trouve quelque chose ! Avec le froid, un des arceaux de notre tente louée pour l’occasion nous lâche dans les mains... Ce soir, une séance de bricolage nous attend !
Nous partons de bon matin à l'assaut du Col de Yanacon, 4610 m. Il n’y a pas de sentier tracé au début et nous nous retrouvons face à un véritable mur vertical, après avoir traversé comme on pouvait une longue vallée. Nous avons vraiment la sensation d’être devant quelque chose d’infranchissable. L’expression “au pied du mur” prend ici tout son sens... Mais d’après la carte, et les indications d’Erasmo données ce matin, ça ne peut être que là !
Nous avançons donc dans un premier temps hors sentier, puisqu’il n’y en a pas... en direction du “mur”. Après avoir perdu pas mal d’énergie et de temps à chercher le précieux sentier (puisqu’il DOIT y en avoir un), nous trouvons enfin presque par hasard LE fameux sentier qui nous mène tout en haut de ce fichu col...
Pause au sommet avec une vue impressionnante sur le Pucajirca Norte (6046 m.) avant d’attaquer la descente, qui dans les premiers mètres s’avère assez terrifiante... (on dirait pas mais c’est trèèès raide et vraiment très glissant !)
Après ce passage toboggan, changement complet d’univers pour poursuivre notre descente dans une nature florissante aux senteurs printanières... C’est un bonheur après la difficile étape du col. Vaches, veaux et chevaux font partie de ce décor enchanteur baigné de soleil. Malgré le cadre magnifique, la descente nous fait tout de même souffrir et nous avons hâte d’arriver au camp. Le poids du sac pèse lourd sur nos jambes fatiguées des efforts de la matinée...
Enfin, nous arrivons au campement de Jancapampa (3620 m.), accueillis par les habitants quechua nous proposant quelques boissons rafraîchissantes (et oui, coca cola est partout...). Superbe vue sur le glacier Pucajirca qui semble nous tomber sur la tête.
Séance bricolage et nous réussissons à réparer notre tente avec l’aide de Chaï.
6eme jour (7h36 de marche, +1013 m. -631
m. de dénivelé)
Nous n’avons pas eu froid ! Il faut dire que nous avons dormi à notre plus basse altitude de tout le trek...
Direction ce matin le Col de Tupatupa (4360 m.) parmi un cadre féérique... Les habitations quechua, les champs de blé, d’orge, les forêts d'eucalyptus et les sommets Pucajirca Norte, Ouest et Central nous offrent des vues de “cartes postales”...
C’est guidés par deux jeunes bergères menant leur troupeau aux pâturages que nous arrivons au Col de Tupatupa, après une très longue et pénible montée.
Descente puis remontée jusqu’au campement au Lac Huecrucocha (4000 m.) après une traversée de rivière assez acrobatique (pas de pont !!).
7eme jour (8h25 de marche, +1324 m. -1094
m. de dénivelé)
Pour la première fois depuis le début de notre trek, le soleil est au rendez-vous ce matin, et nous chauffe avec ses rayons, qui d’habitude sont coupés par les montagnes environnantes.
Nous quittons notre campement par un agréable sentier longeant le lac, bordé d’arbres. Nous montons vers le Col de Pucaraju (4640 m.) au milieu des fleurs et des vaches qui broutent paisiblement. Vue sur le Taulliraju (5830 m.). Du sommet du col, nous voyons le Col de la Punta Union (4750 m.), traversé lors de notre premier trek dans la Cordillère Blanche, en Sept 2005.
Notre étape de ce jour devait s’arrêter avant l’ascencion de ce col, le dernier du trek. Mais, motivés comme jamais, nous décidons alors de continuer notre marche jusqu’au campement de Taullipampa, situé après le Col de la Punta Union.
Descente éprouvante depuis le Col de Pucaraju jusqu’à la Lagune Morococha où nous pique-niquons à 100 à l’heure à cause d’une averse soudaine. Nous disons au revoir à Erasmo, déjà installé pour le campement et nous attaquons la montée vers le Col de la Punta Union.
Notre quasi-solitude des jours derniers se termine avec la jonction du célèbre trek de Santa Cruz qui passe par ce col, emprunté par de nombreux groupes.
Nous terminons notre ascension sous la grêle, et c’est avec la neige que notre descente s’achève, sous un ciel très chargé.
Montage du camp en 4eme vitesse, la neige s’étant transformée en une petite pluie qui s’est très vite arrêtée pour laisser place au fur et à mesure à un ciel dégagé.
Petite soupe d’urgence sous la tente à Taullipampa (4250 m.). Nous avons gagné une journée en faisant les deux cols dans la même étape, donc nous pouvons manger une double ration ce soir, c’est la fête !!!
8eme jour (6h11 de marche, +58 m. -1304 m.
de dénivelé)
Ce matin, festin au petit déj’ avec du chocolat fondu dans notre “porridge” habituel...
Nous entamons ensuite la descente, contents de terminer ce trek par une étape que nous pensons assez facile. C’est sans compter le fait que nous parcourrons à nouveau deux étapes en une seule. Et même si ça ne fait que descendre, c’est très long, et le poids du sac (bien que plus léger qu’au début du trek) pèse toujours sur nos articulations fatiguées.
Nous arrivons donc flapis à Cashapampa (2970 m.) où, après 1h30 d’attente, nous montons enfin dans un taxi collectif en direction de Caraz, puis nous prenons au vol un combi pour rejoindre enfin Huaraz. Le trek est fini !
Pour notre première expérience de trek en autonomie complète, nous faisons un petit bilan :
Une petite dizaine de jours, en ne mangeant pas beaucoup, est la durée maximum que nous pouvons endurer, par rapport au poids du sac à ces altitudes (+ de 4000 m. en moyenne)
Nous sommes partis avec le strict minimum concernant la nourriture, exemple d’une journée type :
Petit déj’ = 1 sachet de thé pour 2, 4 crackers + confiture pour 2, porridge sucré.
Midi = 3 tartines de pain de mie chacun avec 1 boite de thon pour 2 ou 3 tranches de saucisson chacun, + 1 tranche de fromage chacun et une tomate pour 2 pendant 5 jours. (Il est loin le temps des randos dans les Pyrénées avec le casse croûte au jambon de pays et fromage d’Ossau avec compote en dessert...)
Soir = riz + sauce tomate ou soupe + nouilles rapides
Pendant la journée : vers 9h, 1 barre de céréales chacun, ou quelques abricots secs, et quand on a un coup de mou, un p’tit bonbon acidulé !
Et malheureusement, pas de goûter, à part la soupe d’urgence de l’avant dernier jour...
Bientôt, plein de vidéos du trek !!!
12 juin 2008
Spécial Anniversaire Anne !
Et oui, cette année, je fête mes 25 ans à l'autre bout du monde...
Au menu du repas d'anniversaire, crêpe salée en entrée, suivie d'une truite aux amandes pour moi, et d'un lomo saltado pour Jean-Pascal. Un délice !!!
Repas au Bistro de los Andes
Et ça y est, 25 ans !!!
15 juin 2008
Spécial Fête des Pères !
Depuis les montagnes où nous étions ce jour-là, nous vous souhaitons, à vous nos chers papas, une
TRES BONNE FETES DES PERES !!!
Plein de bises de notre part depuis le Pérou !
Nous pensons bien à vous...
Anne et Jean-Pascal
16 juin 2008
Ascension du Pisco, 5750 m.
Après quelques jours de repos bien mérités sur Huaraz, à profiter de la douche chaude, d´un lit moelleux et de bons repas consistants, nous décidons de remettre ça ! Ça, c´est à dire non pas un trek, mais une ascension !!!
Nous étant renseignés au préalable sur les différents sommets accessibles à notre niveau, notre choix s´est tourne vers le Pisco, 5750m., sommet offrant une vue panoramique spectaculaire sur plusieurs grands sommets andins, dont le célèbre Nevado Huascaran (le plus haut sommet du Pérou et 2eme plus haut d´Amérique du Sud).
Nous avons donc rencontre un guide à la Maison des Guides de Huaraz et nous sommes mis d´accord pour un départ le 14 juin.
1er jour
Départ 7h30 de Huaraz, arrivée a Cebollapampa vers 10h30, début de la marche d´approche pour le Camp 1 du Pisco a 11h. Trois bonnes heures plus tard, nous sommes au campement à 4665m., et installons la tente en dessous du premier refuge péruvien (qui en fait est italien !) que nous rencontrons dans la cordillère blanche. Le temps est couvert, mais pas désespéré, nous croisons les doigts pour qu´il ne se dégrade pas... car demain nous rejoignons le Camp 2 à 5000m.
2eme jour
Il a neigé toute la nuit par intermittence... à notre réveil, la nature est complètement recouverte d´un manteau blanc. C´est la désolation pour notre ascension... Aie aie aie !!! De la neige en Juin !!! Les guides présents sur le Camp n´en reviennent pas, c´est bien la première fois qu´ils ont a faire à un temps comme ça à cette période là ! Le monde va mal, et il faut que ça tombe sur les 3 jours où l´on décide de nous offrir le Pisco...
La journée passe, nous décidons avec le guide de ne pas monter au Camp 2 et d´attendre si une amélioration se présente, pour un éventuel départ depuis le Camp 1. Journée d´attente, très longue, quelques micro-éclaircies sans efficacité sur le mauvais temps qui stagne, nous squattons le beau refuge très bien tenu afin de ne pas mourir congelés...
Nous en profitons pour donner une petite leçon de français au jeune chef cuisinier péruvien (qui parle déjà italien !) contre 2 cafés au lait !!! Business business !
Le temps dehors ne s´améliore toujours pas, la météo était pourtant fiable depuis plusieurs jours... c´est la déprime sous la tente !
Nous avons de nouveaux voisins ce soir, 2 espagnols de Cadix (?) -proche du Maroc- qui sont accompagnés de leur guide et arriero. Tout en discutant à l´abris de la neige, ils nous invitent à diner avec eux... très sympathique soirée animée par l´expérience du guide Maximo, nous racontant des histoires vécues plus surprenantes les unes que les autres...
3eme jour
Nous nous levons à minuit et demi pour tenter l´ascension du Pisco. Le ciel est toujours chargé, mais vamos a ver !!! (on va voir !)
Nous attaquons donc la montée de nuit, éclairant le sentier avec nos lampes frontales. Nous devons traverser une morraine -formation de grosses pierres plus ou moins stables (JP dit : on dirait le Balaitous par le Las Neous !) qui sont en plus gelées, donc assez glissantes- avant d´attaquer le glacier.
Une fois au glacier, la neige tombe de plus belle, le vent souffle et le froid nous glace. Au vu des conditions climatiques, nous ferons un point une fois arrivés au col, à 5300 m.
Harnachés de notre équipement de haute montagne (crampons, baudrier, batons de marche, piolet, corde) nous attaquons l´entrée du glacier qui se présente sous la forme d´un mur de glace ! Ça commence fort, mais on aime ça !!!
Après quelques errances dans la neige fraîche, qui a recouvert complètement la trace menant au sommet, et le temps ne s´améliorant pas, arrivés à 5160 m., nous décidons de faire demi tour...
Redescente sur nos traces (déjà parfois effacées par le vent violant qui nous fouette le visage...) et nous enlevons tout le matériel avant de reprendre le chemin du Camp 1, déçus.
Nous souhaitons bonne chance aux espagnols pour leur ascension du lendemain... si le temps le permet aussi, et replions le camp pour regagner Huaraz en début d´après-midi.
C´est notre déception forte du voyage... mais on ne peut pas forcer la montagne quand elle ne veut pas de nous !



















